ActualitésRevue de presse sur l’extrême droite en France du 15 au 31 janvier 2026

Afin de suivre l’actualité de l’extrême droite, voici une sélection d’articles de la presse commerciale qui ont retenu notre attention : certains sont tirés de médias centristes voire de droite, d’autres de médias plus "militants". N’hésitez pas à nous signaler des articles pour la prochaine revue de presse, le 15 février prochain !

RN et autres partis institutionnels
• Les partis souverainistes européens désarçonnés par Donald Trump
Le Figaro fait le tour des partis nationalistes européens (que le quotidien conservateur appelle pudiquement "souverainistes") dont la plupart ne sait plus quoi faire du soutien qu’ils ont pu jusqu’à très récemment affiché à l’égard du président américain, et qui se révèle bien encombrant à l’heure des menaces tout azimut de Trump à l’égard de l’Europe.
• À Toulon, la dédiabolisation du RN à un stade très avancé avant les municipales
Un reportage à lire dans Libération à Toulon qui décrit la stratégie du RN pour gagner la mairie. Personnalisation à outrance de la candidate Laure Lavalette (serrage de pognes, sourires de circonstances), dissimulation de l’étiquette Rn couplée à une dépolitisation maximale de la campagne.
• Sarah Knafo, itinéraire d’une ex-conseillère de l’ombre qui cherchait la lumière
Libération dresse un portrait assez complet de celle qui a fini par prendre la place de Zemmour à la tête de Reconquête ! et dont la duplicité ne semble avoir d’égal que son ambition démesurée.
. Municipales : dans l’Indre, Pierre Gentillet garde son label RN dans la poche
Sur Mediapart, Pierre Gentillet candidat à Argenton-sur-Creuse va tenter de prendre la place de maire tout en annonçant que c’est une liste « citoyenne et sans étiquette ». Pourtant lors d’une réunion publique, on pouvait encore y voir des personnes comme Francis Bergeron l’ancien dirigeant du quotidien Présent, ou la soeur de Caroline Parmentier députée Rn. Sans étiquette Pierre Gentillet a fréquenté une grande partie de l’extrême droite actuelle, dans sa jeunesse des Jordan Bardella ou Sarah Knafo, tout en étant très proche de Mariani et de cofonder la Cocarde étudiante. On parlait déjà de lui ici dans ses soirées parisiennes.
. Au procès en appel des assistants du FN, les réquisitions du parquet : « Il s’agit d’une organisation systémique, durable, assumée et dirigée par la tête du parti »
Alors que tou-te-s les mis-e-s en cause du FN se défaussaient des accusations d’avoir payé entre 2004 et 2016 avec de l’argent du Parlement européen des salarié-e-s du parti. Les réquisitions sont tombées et il n’y a pas beaucoup de changement dans ce procès en appel par rapport au procès de première instance et Bardella peut toujours garder l’espoir d’une candidature pour les présidentielles de 2027. Mais aucun-e-s des accusé-e-s ne savaient, toujours "mains propres et tête haute" au FN.

Médias
« L’Heure des pros », l’extrême droite à l’antenne sur CNews
Le Monde a publié une enquête sur l’émission de Pascal Praud, la "tête de gondole" de l’empire médiatique de Bolloré. En 2025, CNews a pris la tête des chaînes d’information (3,4 % de part d’audience), sachant que la moyenne d’âge des téléspectateurs de CNews dépasse 63 ans. Dans ce contexte, l’émission animée par Praud (et les « mini-Praud » Eliot Deval et Gauthier Le Bret), s’est petit à petit épurée de ses cautions de "gauche", pour ne plus garder que ses chroniqueurs d’extrême droite, qui ne savent plus comment rivaliser d’outrances.

Cathos tradis
Academia Christiana : ces identitaires qui rêvent de fonder un « Paray-le-Monial tradi »
Le journal catholique La Vie a mené l’enquête sur l’institut de formation catho tradi qui, en "mêlant convivialité, conférences et radicalité", a la côte auprès des jeunes d’extrême droite. Le journal dresse un rapide portrait de son fondateur Victor Aubert, le journal retrace l’histoire de l’institut, de sa première université d’été en août 2013 et son lien originel avec la Fraternité Saint-Pierre (Academia Christiana étant pensé initialement comme une réponse à Civitas des ennemis de la Fraternité Saint-Pie X) jusqu’à l’influence de la Nouvelle Droite et l’indépendance d’aujourd’hui vis-à-vis de la FSSP et le millier de participants à la dernière UdT. Un succès qui repose sur une certaine ouverture au-delà des cercles cathos tradis, et une offre adaptée à une partie des jeunes nationalistes en quête de repères, de discipline et de racisme décomplexé.

Groupes activistes
À Paris, toute l’extrême droite groupusculaire présente au défilé du 17 janvier
Entre 200 et 300 militant·es d’extrême droite venus de toute la France ont défilé au flambeau organisé par "Paris Fierté" dans Paris le 17 janvier pour honorer Sainte-Geneviève. Selon Streetpress, qui publie un article richement illustré, cette année, les néofascistes auraient pris un ascendant sur la procession, traditionnellement organisée par la mouvance identitaire, preuve d’une grande confusion idéologique du milieu radical. À noter que le même jour, l’Action française organisait aussi une marche, cette fois à la mémoire de Louis XVI, qui a également rassemblé 200 à 300 personnes.

. Les remparts de Saint-Malo n’en sont plus pour les extrêmes droites
Panorama consistant de l’extrême droite sous toutes ses formes et de son implantation dans la région de Saint-Malo. Une enquête allant du Rassemblement national en passant par le Parti national breton et l’Active Club.