Le JLAG et l’Observatoire Grenoblois de l’Extrême Droite ont fait une actualisation de leur cartographie des extrêmes droites de Grenoble afin de s’informer de leur évolution, on y retrouve les liens entre les différentes chapelles de l’extrême droite. Nous publierons prochainement leur cartographie des extrêmes droites dans le Grésivaudan (région entre Grenoble et Chambéry).
En souvenir de Flore FARAGGI, agressée dans la nuit du 20 au 21 août 1944, vers 1h30, par un groupe d’inconnus de 6 à 8 hommes vêtus d’uniformes de Waffen-SS,
au 18 Grande Rue à Grenoble.
Elle fut conduite sur le pont suspendu au-dessus de l’Isère, qui relie le centre ville
au quartier Saint Laurent, exécutée d’une balle dans la tête, et son corps jeté dans l’Isère.
Son fils Jack, son père et sa mère connurent le même sort.
Ces meurtriers sont des membres de la Milice française et du Parti Populaire Français
qui en profitèrent pour piller son logement et son commerce.
LE RN, PREMIER PARTI DE LA DROITE ET DE L’EXTRÊME DROITE
Aux élections législatives de 2024, le Rassemblement national est devenu le parti politique le plus important de la droite et de l’extrême-droite sur la Métropole de Grenoble.
Les Républicains sont complètement à la dérive et n’atteignent que péniblement les 10 % des voix. Ils sont même incapables de présenter un candidat dans la 5ème circonscription.
Le transfert des électeurs se fait à bas bruit, soutenu par les responsables nationaux de la droite qui font la course avec les leaders d’extrême-droite.
En 2024, les candidats du RN provenaient du parti lui même, mais aussi des anciens républicains qui avaient suivi Eric CIOTTI ainsi que de jeunes militants de l’UNI.
Les grands chefs du RN, Alexis JOLLY et Thierry PEREZ, ont préféré se présenter dans le Nord-Isère et se faire élire députés.
Les partis croupions comme Via, La voie du peuple (l’ancien Parti Démocrate Chrétien de Christine BOUTIN) ou Debout la France ( toujours dirigé par Nicolas DUPONT-AIGNAN le premier allié du FN/RN) sont des partis charnières qui permettent à des électeurs de glisser sensiblement vers la droite extrême.
Enfin Reconquête a quasiment disparu de la métropole ; Marine CHIABERTO, tout en étant responsable du parti en Isère, se présente aux élections à Paris (Candidate Reconquête dans la première circonscription, tête de liste dans le 9ème arrondissement aux municipales).
Quasiment absent lors des municipales de 2020, le RN a déposé des listes en 2026. Ils savaient que leur échec était programmé, mais ils visaient plutôt le long terme. 4 listes ont été déposées sur la Métropole grenobloise :
– Valentin GABRIAC, le frère de l’homme au bras tendu, récolte brillamment 5,2 % des voix à Grenoble au premier tour.
En 2014, Mireille D’ORNANO, avait obtenu 12,55 % des votes. La preuve qu’un « responsable de force de vente » est juste bon à vendre les biscuits d’une multinationale américaine.
– Enzo BILLON, chef du RNJ Isère, candidat à Échirolles, était le seul candidat de la droite et de l’extrême-droite face à quatre listes de gauche.
Au second tour, sa liste obtient 27 % ; cinq élus fachos siégeront dans le conseil municipal, soit un de plus qu’après les élections de 2026. La campagne de BILLON était très poussive. Il fait nettement moins que le candidat du RN aux législatives de 2024 qui avait récolté 33 % des voix.
– Alexandre LACROIX un ancien Républicain, passé par Reconquête, puis
recyclé à l’UDR (Union des Droites de CIOTTI) était la tête de liste à Saint-Martin-d’Hères. Il obtient quatre élus municipaux (21 % des voix). Le résultat est très en-dessous du score aux législatives où Édouard ROBERT, un candidat inconnu dans la circonscription avait récolté 31 % sur la ville.
– Quentin FERES (les Républicains, puis Reconquête, puis désormais attaché parlementaire du député RN Thierry PEREZ) a conduit une liste à Domène. La liste a récolté 16 % des voix et donc deux élus municipaux.
Le bilan électoral est plutôt limité, mais ces quelques élus se glissent insidieusement dans des institutions locales , une autre logique pour « dédiaboliser » le RN. L’objectif réel était de s’inscrire dans les prochaines élections sénatoriales.
Depuis sa nomination comme responsable départemental en octobre 2023, Thierry PEREZ a fait le ménage chez les militants.
Exit les « brebis galeuses » qui se répandent en blagues racistes, en insultes antisémites et en messages islamophobes. Par manque de « personnel » le Rassemblement national recrute désormais dans les rangs de l’UNI, et pas qu’un peu :
Amazigh AICHIOU (Grenoble), Emma ADROUD (Grenoble), Gaël BABUT (Grenoble), Enzo BILLON (tête de liste à Échirolles), Elise COTTAVE (Echirolles), Clara MANCEAU (Saint-Martin-d’Hère), Samuel SAKPA (Grenoble), Léa TONDEUR (Saint-Martin-d’Hères), Stéphane ZEYEN-ILANGUAROUDI (Grenoble) ;
Déjà, aux élections législatives de 2024, le RN avait siphonné les cadres de l’UNI : Hanane MANSOURI (ancienne grand’cheffe de l’UNI Grenoble) élu députée à Vienne, Antoine SAUZEAU (son suppléant), Vincent CELLIER (suppléant dans la 1ère circonspection de l’Isère) ou Samuel SAKPA (lui aussi candidat suppléant).
ÉLECTIONS MUNICIPALES 2026 GRENOBLE
Un article de Streetpress de mars 2026 retrace l’itinéraire de la tête de liste RN : Valentin GABRIAC a frayé avec plusieurs groupes radicaux, antisémites et complotistes : Égalité & Réconciliation, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, Civitas, GRElive, les Patriotes…
Dans ses conversations avec ses potes il détaille ses positions : haine des LGBT, haine des francs-maçons, apologie du nationalisme pétainiste, antisémitisme, bref
tous les relents de l’extrême-droite faisandée. GABRIAC est même devenu un agent recruteur pour que les militantes du RN local rejoignent Némésis !
S’il est devenu candidat, c’est parce qu’il est le délégué adjoint du RN 38 et l’attaché parlementaire du député PEREZ. Du coup, PEREZ a glissé sa femme en seconde position sur la liste – on appelle cela du népotisme !
Sur la liste RN on trouve en cinquième position Ludovic BLANCO, le président du Cercle Bayard, apôtre de « l’Union des droites ». Ancien président des Jeunes Debout la France (2015), il a été candidat pour ce parti aux élections régionales (2015) et aux législatives (2017 – résultat : 1,53 % des voix). Il rallie Alain CARIGNON sur la liste municipale de 2020. Placé en 39 position, son rôle politique est alors dérisoire. Il quitte Debout la France, rejoint Les Patriotes puis adhère à Reconquête. Il gravite désormais autour des députés RN de l’Isère pour tenter d’exister.
Dans la liste RN, on trouve inévitablement les militants de l’UNI, ou des militants qui avaient suivi Mireille D’ORNANO lors de sa rupture avec le FN, et certains font un retour fracassant : Pascale CURCILOSSE, Victor ARIOLI, Michèle MOIRET, Amélie TENA-SANCHEZ et François GUINARD-BRUN. Incapable de recruter de nouveaux militants, le RN récupère les fonds de tiroirs.
Enfin, pour clore cet assemblage inquiétant, Catherine GHELMA est une activiste des réseaux sociaux. Elle s’épanche dans un boulgi-boulga nauséeux : volonté de rétablir la peine de mort, hantise d’une « France qui sera musulmane demain », défense de tous les animaux à poils et haine viscérale des musulmans ; elle propose à ses lecteurs de pétitionner sur les thèmes d’extrême-droite...
La liste de GABRIAC est bien loin de l’image lisse et policée qu’il tente de vendre à la presse locale, mais c’est l’inévitable amalgame de l’extrême-droite répugnante.
L’UNI est désormais le cache-sexe du RN ! On y retrouve même des militants vindicatifs comme Paul STEIGER, toujours accompagné d’Emma PETRON, qui tente d’établir son « ordre national » en menaçant des syndicalistes étudiantes « On va tous vous planter, bande de salopes ! ».
Désormais des étudiant-e-s carriéristes lorgnent le RN avec attention : propres sur eux, avec un costard et une cravate ou un tailleur cintré, on peut viser un avenir radieux dans l’arrière-cour de la famille LE PEN ou du gendre favori de la noblesse française.
Divers cercles nationalistes ( Cercle Bayard, Cercle Algérianiste, Centre Lesdiguières et Cercle Droit et Liberté) sont les lieux d’échanges et de formations de militants de toutes l’extrême-droite locale. C’est là aussi où se noue des affinités militantes.
À L’EXTRÊME-DROITE DE DIEU …
On ne les voit pas souvent, mais ces cathos intégristes ont de plus en plus tendance à proclamer leur foi dans les rues de Grenoble, comme le 15 août.
Leurs partis politiques préférés ont souvent été l’Action Française ou les partis chrétiens démocrates. Mais désormais, ils votent sans modération pour le RN, Reconquête et s’enthousiasment pour MARÉCHAL LE PEN, la future « Jeanned’Arc du XXIème siècle » !
En 2024, 42 % des catholiques pratiquants ont voté pour l’extrême-droite : 32 % pour le RN et 10 % pour Reconquête !
La Fraternité-Sacerdotale-Saint-Pie-X gère une école hors contrat à Meylan, l’école Saint-Pierre-Julien-Eymard. Une cinquantaine d’enfants y sont scolarisés. L’abbé Jean-Marie SALAÜN la dirige depuis les années 2010. L’inventaire des activités nauséeuses de cet individu est atterrant : messe en l’honneur de BASTIEN-THIRY(2017), un officier de l’OAS qui organisa la tentative d’assassinat de DE GAULLE en 1962, conférences au prieuré de Meylan par Marion SIGAUT une proche de l’antisémite SORAL, ou par Hugues PETIT, président du Conseil scientifique de Civitas qui pouvait affirmer « que les droits de l’homme, c’est une idée fausse, et cette idée a détruit la société ». SALAÜN appelle aussi à participer à une réunion d’Égalité et Réconciliation et soutient Alexandre GABRIAC, l’homme au bras tendu, quand il est viré du Front national.
En 2025, le Rectorat de Grenoble s’est enfin penché sur le fonctionnement de l’école Saint-Pierre-Julien-Eymard. Elle est mise en demeure de revoir son enseignement considéré comme sexiste, révisionniste et créationniste. L’école fait mine basse et modifie quatre bricoles pour éviter des poursuites.
Il existe aussi un autre établissement hors contrat à Saint-Ismier, le Collège de la Sainte-Famille : sa directrice est Golvine PETIT. Son origine révèle qu’elle est la descendante d’une vielle famille aristocratique bretonne – DU BOISBAUBRY – et gardienne des traditions familiales pour avoir enfanté sept marmousets. Son mari Louis PETIT est chef de troupe aux Guides et Scouts d’Europe ; cette organisation est réputée pour son militarisme. Elle est classée à l’extrême-droite.
Pour gérer une école hors contrat, les parents ont créé « l’Association de formation de la personne ». Le président en est actuellement Guillaume de CARBONNIÈRES DE SAINT BRICE, père de six enfants catholiques et baptisés. Plutôt que d’améliorer les conditions de travail, les parents d’élève ont préféré construire une chapelle ; le catéchisme est bien sûr professé par un abbé !
Dans ce collège, la responsable « de la vie scolaire » est Élisabeth ZITOUN, ancienne responsable départementale de la Manif pour Tous. En 2017, elle était suppléante de la candidate FN dans la première circonscription de l’Isère.
Un collège, bien comme il faut, avec uniforme pour les élèves, retraite à l’abbaye du Barroux, pèlerinages, messes d’actions de grâces à la collégiale Saint-André. Pour bien rester dans la norme réac, une conférence est organisée par M. et Mme GRASSET, engagés à Alliance Vita, pour comprendre que la pilule et le préservatif c’est pas bien !
Ces courants intégristes ont comme finalité de « rechristianiser » la France. Ils ont aussi une phobie sur l’enfance et la jeunesse : séparer leurs marmots du commun des mortels, les isoler dans des structures rétrogrades, qui comme la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X sont souvent considérées comme sectaires. Leurs écoles ne respectent pas les obligations scolaires, et lorsqu’ils sont adolescents on les confie à des structures comme les Scouts d’Europe ou au Chapitre Sainte-Madeleine.
Ces cathos intégristes adorent la messe en latin, multiplient les pèlerinages et tournent le dos à la modernité. Ils refusent toujours le droit à l’avortement, condamnent l’utilisation de la gestation pour autrui, refusent le suicide assisté pour les personnes en fin de vie…
Dans les années 1960, des cathos intégristes – par ailleurs militants anti-avortement – ont créé une association Cler Amour et famille, pour contrecarrer les activités du Planning familial. Ils défendent des « méthodes naturelles de régulation des naissances » comme les méthodes Ogino ou Billings. L’ association forme des conseillers conjugaux et familiaux et des éducateurs qui interviennent auprès des adolescents comme l’association Cycloshow. N’ayant le droit d’intervenir que dans les écoles privées ses animateurs interviennent dans le programme EVAR/EVARS relatif à la vie affective et relationnelle et à la sexualité. Leur vision est purement essentialiste et assigne aux jeunes filles la nécessité de procréer comme le conçoit la vision catholique intégriste.
D’autres associations, telle Alliance Vita, multiplient des conférences sur des sujets de « bio-éthique »avec l’aval de l’évêché. Le responsable local est Gaêl BERNARD. Une de leur dernière manifestation publique était un happening sur la place Grenette à Grenoble.
L’Association Familiale Catholique a fourni la base militante pour les mobilisations de la « Manif Pour Tous » - devenue depuis Le Syndicat de la Famille. Cette association désigne des représentants qui siègent dans les CAF ou les hôpitaux au nom des usagers.
Parmi les membres du bureau de l’AFC, on trouve Arnaud BERNARD (fondateur de l’Office Catholique des Pompes funèbres, membre de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem, adjoint municipal de Villard-Bonnot), Dominique PALIARD (ancien militant de l’UMP, ancien conseiller municipal de la commune de Burcin, un des leaders de la Manif Pour Tous), Blandine DE RICHECOEUR (fondatrice de l’Etoile du Berger), Élisabeth DE SOOS ( Candidate du FN /RN), ou Jacqueline NICCOLINI-DARMET (ancienne candidate du Parti Chrétien-Démocrate), bref une assemblée de catholiques combattants !
Nombre de ces militants s’investissent aussi dans des organisations qui ont comme vocation d’intervenir sur les « questions sociales » : l’Ordre de Malte (« pour les démunis »), Magdalena 38 (femmes quittant la prostitution), Le Rocher, oasis des cités (pour « régler la crise des quartiers »), la Maison des familles ou l’Étoile du berger (accueil des femmes battues). Toutes ces associations, présentes sur Grenoble, sont, en partie, financées par La Nuit du Bien Commun, fondée par Pierre-Edouard STERIN, le milliardaire exilé en Belgique pour ne pas payer d’impôt et qui vise à imposer son point de vue à travers le projet PÉRICLÈS ( Patriotes, Enracinés,Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes).
Parmi ces associations « très sociales », Magadalena 38 approche les prostituées et les incite à rejoindre Solenciel, une entreprise d’insertion. Magdalena 38 a été fondée par Rodolphe BARON, qui, par hasard, est le fondateur de Solenciel.
L’Inspection du travail de l’Isère est allée regarder d’un peu plus près, et du coup, l’autorisation accordée à Solenciel a été suspendue pour cause de travail dissimulé et de multiples dysfonctionnements (octobre 2025). Décoré en 2024 par Olivier VERAN, alors ministre de la Santé, de l’Ordre du mérite, Rodolphe BARON n’a pas eu la courtoisie de renvoyer sa médaille.
ACTIVISTES ET TERRORISTES
Plusieurs petits groupes d’activistes ont essayé de se structurer sur la métropole grenobloise : Verum et fida (2023), une première tentative de groupe Nemesis (2023) ou Fronte Gratiano (2025).
Le Groupe National Défense composé de lycéens fait l’apologie des chambres à gaz et appelle à la violence contre les personnes LGBT. Cherchant à montrer leur virilité, ils ont tenté d’agresser un cortège de soutien à la Palestine et multiplient des tags nazis dans les rues de Grenoble et Fontaine. Comme beaucoup de militants de l’extrême-droite nazie, ils cherchent à s’inscrire dans une « lutte contre les pédophiles », en associant confusément « élite judéo-maçonique », « immigration », « pédérastie » et soutien à Vladimir POUTINE. Leur activité principale est de participer à des groupes Télégram.
Active Club est un mouvement international animé par un suprémaciste blanc américain Robert Rundo. Son idéologie prône la violence pour combattre « le grand remplacement » et éviter le « génocide blanc ».
Afin de ne pas tomber sous le coup de la loi française, Active Club se définit comme une « communauté de jeunes blancs », « s’entraînant aux sports de combat pour se mesurer entre eux ». Ce serait donc « un groupe athlétique qui se concentre sur l’amélioration de notre peuple, et non sur l’agression d’autres personnes ». Leur devise « esprits sains, corps sains ». Ils se mettent en scène dans des vidéos d’entraînement et de combats d’arts martiaux. On dirait presque dit des scouts !
Leurs auteurs de référence ont tous eu un engagement fascisant : Charles MAURRAS ( condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1945 pour collaboration avec l’ennemi), Léon DEGRELLE (fondateur du mouvement Rex en Belgique, engagé dans la Waffen-SS, condamné à mort par contumace en 1945 et réfugié dans les jupes du Caudillo FRANCO), François DUPRAT (membre de l’OAS, d’Occident et fondateur du Front national).
Saluts nazis et dérivés (quenelle, Khuneim), exaltation du suprémacisme blanc, allusion à l’OAS, fleurs de Lys et casques de chevalier apparaissent régulièrement sur leurs images, car Active Club associe des militants d’origines diverses, des catholiques, des royalistes, des hooligans, des néonazis, etc…
Des membres d’Active Club ont participé aux manifestations anti-migrants de St-Brévin et Callac, à la ratonnade de Romans-sur-Isère, au tabassage d’un militant libertaire à Macon, et au défilé du C9M, etc...
Active Club Dauphiné vivote. Quelques sessions d’arts martiaux dans les stades de l’agglomération, ou dans un parc, des promenades sac au dos avec les groupuscules nazis du coin (Les Allobroges Bourgoin-Jallieu, les Bayards, Valyor) ou plus exotiques (Unité Sud de Perpignan, Active Club Carpentras, les Hussards parisiens).
En 2025 un autre groupe nationaliste s’est constitué : les Bayards. Ils se définissent comme des « identitaires sans concession ». Leurs activités sont plutôt nocturnes : collage d’affiches sur le campus de Saint-Martin-d’Hères, pseudo-cérémonie le 11 novembre avec quatre flambeaux et une logorrhée digne de fascistoïdes en culottes courtes : « Les jeunes patriotes ont rappelé l’importance du sang. Le sang reçu, qui fait naître la nation, mais aussi le sang versé, qui la préserve et la régénère. »
Incapables de s’afficher au grand jour, les Bayards s’associent avec les groupes nationalistes de Lyon (Lyon populaire, ou le groupe Audace) et de Chambéry ( Valyor) pour essayer de gagner en notoriété, ou affichent leur soutien à la Coordination rurale comme à La Tour-du-Pin en montrant clairement qu’ils sont fachos.
Ces groupes ne rassemblent que quelques individus mais n’en sont pas pour autant négligeables.
Enfin, des organisations plus violentes peuvent émerger avec des projets d’attentat contre des personnes ou des lieux symboliques.
Un groupe constitué dans l’Isère en 2017, Les Barjols38, était animé par un retraité, Jean Pierre BOUYET, résidant à St-Georges-de-Commiers. BOUYET avait été proche de Debout la France puis s’était accoquiné avec des activistes islamophobes qui voulaient attaquer des mosquées, exécuter des migrants ou tenter un putsch militaire avec prise de l’Élysée et renversement du gouvernement par la violence. Dans leurs échanges, ils considéraient que la situation actuelle était la conséquence des actions sournoises des francs-maçons et sur leur groupe Facebook, ils avaient rassemblé plus de 5000 abonnés.
Ils décident finalement d’assassiner Macron en Moselle avec un couteau en céramique. 13 personnes sont arrêtées et plusieurs sont condamnés en 2023.
Un autre groupe terroriste se structure en 2017 : il se nomme WaffenKraft, « puissance de feu » en allemand. Leur leader, Alexandre GILET (French Crusader) est un gendarme dans l’Isère, qui posait sur des photographies avec une kalachnikov devant un drapeau frappé d’un soleil noir. Ce groupe rassemblera une vingtaine de personnes.
Dans leurs messages, ils dénonçaient le « grand remplacement », reprenant à l’occasion des diatribes d’Eric CIOTTI, de Valérie PÈCRESSE, ou de SORAL.
Leurs ennemis sont les étrangers, les juifs et les homosexuels. Ils envisagent d’attaquer le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France), d’assassiner MÉLENCHON, ou d’organiser un attentat dans une gare de la région parisienne.
Au cours du procès en 2023, Alexandre Gilet est condamné à 18 ans de réclusion criminelle. Évandre AUBERT, un ardéchois de 28 ans, décrit comme « l’idéologue » du groupe, et un mineur sont tous deux condamnés à cinq ans d’emprisonnement dont deux ans fermes. Gauthier FAUCON écope lui de trois ans de prison dont un ferme. Les peines sont confirmées en appel en 2024.
Enfin, six survivalistes ont été arrêtés à Grenoble en mai 2025 car ils voulaient produire des armes avec une imprimante 3D. Leur objectif était de s’équiper en matériel de guerre dans l’éventualité « d’une guerre civile ». Déjà en 2024, huit survivalistes proches d’Égalité et Réconciliation ont été arrêtés dans la Loire, la Haute-Loire et l’Isère. Ils étaient soupçonnés de vouloir mener des actions violentes comme la destruction d’un barrage hydroélectrique, et d’acheter un hameau, pour se protéger d’une guerre civile qu’ils imaginent imminente.
En janvier 2026, une habitante de Grenoble, Mélycendre, tente de relancer un groupe local de Nemesis. Ce groupuscule est dirigée nationalement par les parisiennes Alice CORDIER et Anaïs ? MARÉCHAL LE PEN. La tentative de création est pilotée par la petite fille LE PEN. Cordialement, Valentin GABRIAC se propose d’inciter les militantes du RN à les rejoindre.
Le recrutement semble pour l’instant limité, mais les cheffes nationales ont sans doute envisagé un happening local dans une ville comme Grenoble qu’elles considèrent contrôlée par des gauchistes violents. Du coup elles prospectent pour recruter d’anciens policiers ou des gendarmes et constituer une milice privée.
Plus expliquer en détail ?
Nous supposons que les autorités sont en train d’instruire une démarche pour vérifier si Nemesis fait partie des « associations ou groupements de fait :
1° Qui provoquent à des manifestations armées dans la rue ;
2° Ou qui présentent, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées » (Ordonnance n°2012-351 du 12-03- 2012 )
Depuis janvier, une militante de nemesis a participé à la manifestation d’Alliance - syndicat de police à Grenoble et à « l’hommage à Quentin » organisé par les groupuscules d’extrême-droite à Lyon.
LES COMPLOTISTES
Cinq ans après sa création, Grelive semble s’être réduit à peau de chagrin. Les participants qui avaient milité dans ses rangs sont dispersés.
Civitas, dont les militants identifiés étaient Frank SINISI et Alexandre GABRIAC, a été dissout par le gouvernement en 2023 pour propos antisémites. V. GABRIAC a rejoint le Rassemblement national ou il est devenu à la fois attaché parlementaire, délégué départemental adjoint et candidat à la mairie de Grenoble. Franck SINISI, ancien conseiller municipal FN de Fontaine, déjà condamné en 2017 à une peine de prison avec sursis pour incitation à la haine raciale pour avoir proposé de financer l’accueil des Roms « avec leurs dents en or », a été placé en garde à vue le 14 janvier 2026 dans l’enquête sur le dépôt de restes de porc devant une mosquée de Fontaine. Il devait être jugé en avril 2026.
Les Patriotes 38 continuent à manifester avec les derniers militants de Grelive, tel
François-Marie PÉRIER qui comme toujours se met en scène. Il a même tenu une conférence pour les monarchistes du Centre Ledisguières.
Les militants des Patriotes continue à se battre pour le Frexit, et les plus jeunes qui
avaient rejoint la Cocarde étudiante ont disparu du campus universitaire. L’essentiel
de leur activité est la tenue de banquets communs ou de manifestations telle que la «
fête du Printemps » qui a réuni une trentaine de militants.
Les membres d’Égalité et Réconciliation sont plus actifs. En janvier 2026 une conférence sur les 75 ans de Rivarol, journal antisémite et négationniste ; le conférencier était Jérome BOURDON, le directeur de publication du journal, dont les éditos radicalisent la ligne idéologique de l’hebdomadaire en s’en prenant aux libertés individuelles, aux LGBT, aux valeurs de la République et de la démocratie, aux avancées sociales ; il fait l’apologie des régimes fascistes et des criminels de guerre ou coupables de crimes contre l’humanité. Fin avril une autre conférence était celle d’Alain ESCADA, le président de Civitas (Civitas est interdite en France, mais existe toujours, notamment en Belgique). En décembre 2025, DIEUDONNÉ était présent sur la scène ouverte de la Brasserie du Vercors à Villard-de-Lans pour faire son one man show.
Égalité & Réconciliation rassemble des complotistes de tout genre, des antisémites et des survivalistes qui attendent la fin du monde. Leur grand chef est Alain SORAL (de son vrai nom Alain BONNET) réfugié en Suisse pour échapper à la justice. Outres ses manigances financières, SORAL, défend une alliance entre « la gauche du travail et « la droite des valeurs » pour détruire le « Système » dirigé par « la gauche bobo-libertaire et la droite libérale ». A partir de la Manif Pour Tous, il se focalise sur le « communautarisme gay » et le féminisme. Il est devenu un apôtre du virilisme et du masculinisme et nombre d’influenceurs relayent ses positions.
En guise de conclusion
L’extrême-droite est multiple.
Plusieurs stratégies politiques sont à l’oeuvre : d’anciens gaullistes fricotent avec les héritiers des Waffen-SS et de l’OAS pour éviter de disparaître ;
des macronistes préfèrent un BARDELLA premier ministre, plutôt que l’abolition d’une réforme scandaleuse sur les retraites. ;
des hommes et femmes d’affaires lorgnent sur les promesses du RN ( moins de « taxes », moins de « contrôles », en clair la disparition du Code du travail) ;
des actionnaires qui espèrent encore plus de profits ;
des milliardaires qui voudraient réimposer un catholicisme de combat ;
À l’inverse, il est pour nous nécessaire de développer des pratiques et des actions antifascistes au niveau local et social, parce que c’est sur ce terrain réel que se jouent les enjeux importants de la lutte contre l’extrême-droite et son racisme rampant.
À Grenoble, comme ailleurs, on n’est pas condamné à subir encore toutes ces bandes de fachos.
C’est à nous de les combattre.
Pas de fachos dans nos quartiers,
pas de quartiers pour les fachos !
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